2009 : les augmentations pour les cadres maintenues mais le malaise s’accentue…

A en croire l’enquête Cegos, la politique de rémunération reste un levier important pour les DRH qui veulent motiver et fidéliser leurs "talents". Mais cela ne règle pas forcément le malaise qui plombe le moral des cadres...



2009 : les augmentations pour les cadres maintenues mais le malaise s’accentue…
En 2008, 81% des cadres affirment avoir bénéficié d’une augmentation. Un tiers aurait même eu la chance de bénéficier à la fois d’une augmentation générale et individuelle. Mais les cadres restent exigeants : la majorité d’entre-eux estiment que leur pouvoir d’achat s’est malgré tout dégradé. C'est vrai que l'inflation est là et les craintes des cadres ne leur donnent pas le moral... Sur fond de crise économique et de malaise social, les DRH pris une fois encore entre deux feux devront faire preuve de créativité.

2009 ne sera pas une année noire ? Quels sont actuellement les principaux enjeux des politiques de rémunération ? Les DRH peuvent-ils se contenter d'utiliser leur politique de rémunération comme un levier de management ?

L’Observatoire Cegos a interrogé, comme chaque année, un échantillon national représentatif de 162 DRH et de 600 cadres en entreprises entre le 15 septembre et 10 octobre 2008. Soit juste après la faillite officielle de Lehman Brother et avant la réunion au sommet pour sauver la finance mondiale des dirigeants des Quinze pays de la zone euro. Donc au début de la crise financière et avant qu’elle ne s’avère finalement économique. Les réponses des entreprises n’engageaient à rien en une période où l’incertitude primait.

52% des entreprises prévoient des augmentations générales pour 2009

Ces réserves posées, à en croire leurs déclarations, plus d’une entreprise sur deux prévoit des augmentations générales et selon les DRH, les salaires fixes devraient augmenter en moyenne de 3,7%.

Selon Michel Fourmy, manager du pôle Ressources Humaines de Cegos : « Pour la première fois, les entreprises déclarant vouloir favoriser les augmentations générales dépassent les 50%. C’est un dispositif cohérent quand l’inflation est forte. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’y aura pas d’augmentations individuelles. En revanche, elles concerneront moins de cadres. Dans une conjoncture difficile, 83% des DRH déclarent vouloir développer une plus grande sélectivité dans les augmentations individuelles »


RH et cadres, le grand écart se creuse…

Pour les DRH, l’enjeu de la politique de rémunération est de pouvoir valoriser la montée en compétence du salarié (89%) et fidéliser talents (82%).

« L’écart est net entre les DRH qui pensent d’abord performance et des cadres qui veulent se prémunir des risques (72%) à venir et préserver leur pouvoir d’achat » commente Michel Fourmy.

Les DRH sont parfois loin des réalités du terrain : 86% pensent que les cadres sont impliqués voire très impliqués dans l’entreprise, les cadres sont moitié moins (44%) à se dire engager.

Le malaise des cadres n’est pas qu’un succès de librairie, il ne cesse de s’accroître, il est urgent d’en prendre conscience pour la bonne santé de notre société. Malgré les promesses d’augmentation, comme le souligne Michel Fourmy : « Aujourd’hui, les DRH font face à un défi d’envergure : celui de lutter contre la déception et le désengagent des salariés alors qu’en parallèle la crise économique se durcit ».

Jeudi 11 Décembre 2008
Jean-Christophe Buchot


etude_remuneration_complete_cegos.pdf Etude rémunération complète CEGOS.pdf  (248.36 Ko)