Quand les acteurs du web et les hommes et femmes politiques se réunissent pour trouver enfin une solution...
A lire pour en savoir plus :
Le "labo" des Régions avance ses premières propositions sur l’emploi et la formation
(Billet d'Anne Daubrée)
« Ma vie de e-chomeur », « dur, dur, d’être médiateur de l’emploi », ou encore, « Je trouve un emploi grâce aux nouveaux médias » … Dans le cadre de huit ateliers, tous les participants étaient intervenants, et ont contribué à faire émerger des constats, des interrogations et des propositions.
Car l’objectif de cette journée, la première de ce type organisée par la 27e région, est de fournir des éléments de diagnostic, des pistes de travail, des scénarios possibles voire des prototypes à l’Association des Régions de France, sur les sujets qui l’occupent prioritairement. Voici, en résumé, les enseignements de cette journée :
Tout d’abord,
l’Internet transforme profondément les questions d’orientation, de formation et d’emploi. Plus qu’un simple média, il contribue à changer la façon dont l’élève se comporte devant ses enseignants, modifie la nature des questions posées aux conseillers d’orientation ou à l’emploi, ou encore change la façon de trouver un travail.
Le système a du mal à intégrer ces changements. La plupart des personnes ont du mal à exister professionnellement, à s’exprimer, à écrire un simple CV (alors que dire de tenir à jour un blog !), à valoriser leurs compétences et maîtriser leur image ; quel candidat n’a pas fait l’objet d’une recherche sur Google ? La recherche d’emploi sur internet rend le système encore plus opaque qu’avant, tandis que le CV se transforme, se met en réseau et devient dynamique. Or, utilisateurs et médiateurs sont souvent pris en étau, perdus dans une offre conçue sans eux, pouvant les mettre dans une position de dépendance, de défiance, ou d’assistanat. Les artisans et les petites entreprises n’ont ni la taille, ni le temps, ni les compétences pour s’y pencher -voir ce billet d’Alexis Mons rédigé pour la 27e Région. Et maîtriser ces pratiques prend du temps, et vient en plus des compétences que les médiateurs doivent déjà posséder.
Les lignes bougent, dans les métiers, les situations quotidiennes. Enseignants et formateurs doivent développer chez chacun les compétences d’apprenant : Autodirection dans les apprentissages, autoformation, réflexivité, coopération avec les autres, communication sur ses compétences ; à l’école, les élèves deviennent coproducteurs d’un apprentissage devenu collectif ; les chercheurs d’emploi deviennent offreurs de compétences et doivent se mettre en réseau ; le réseau des conseillers à l’emploi doit travailler en réseau social, dépassant les frontières administratives entre Anpe, associations d’insertion, etc ; une nouvelle génération d’écrivains publics "numériques" et d’animateurs doit former les citoyens à l’expression de soi, à la publication numérique 2.0, à la vidéo, aux réseaux sociaux.
Quelles politiques publiques de l’emploi ? L’acteur public doit repartir d’une vision éthique du citoyen, travailler avec lui dans le prolongement des pratiques existantes et dans l’objectif de lui donner plus d’autonomie -plutôt que déverser sur lui de nouvelles strates de complexité et de jargon : on propose souvent aux chômeurs de nouvelles formations et de nouveaux dispositifs, sans avoir forcément pris la peine de reconnaître leurs compétences, de leur donner les capacités de les exploiter et de les valoriser eux-mêmes.
Lire la suite...
Formation : aux abonnés absents
Alexis Mons est Directeur Général Délégué de groupe Reflect, blogueur et observateur de la société numérique. Il nous livre les enseignements qu’il tire de la journée "Orientation, formation et emploi à l’heure de l’internet" à laquelle il participait à Caen le 3 décembre dernier:
Le numérique est un moyen, mais on voit bien que c’est le logiciel qu’il faut changer.